Vive la connerie

Vive la connerie

Je me suis longtemps demandé si j’étais un extraterrestre. Lorsque je me regarde dans un miroir vers la fin Mars, avec le teint un brin verdâtre, je suis porté à croire que oui. Parfois lorsque l’on gagne en âge, on gagne en poids mais on souhaite avant tout, une plus grande légèreté dans sa vie et dans son quotidien.

Plus jeune mon côté naïf bon enfant inconscient, permettait à mon Ti-clown intérieur de s’extérioriser jusqu’au moment où j’ai pris conscience que la vie était parfois un gros John Deere qui se permettait de nous rouler sur le corps. A bouche que veux-tu, merci Jean Perron, vous inspirez certaines de mes expressions. Je ne sais pas si vous le savez mais ça fait mal en … un gros John Deere qui nous passe sur le corps. Assez mal pour te clouer au sol par le poids du chagrin et de ses roues de tracteur.

J’ai passé une période de ma vie dans l’ombre avec la trace des roues de tracteur dans ma face et ce n’est pas très chic alors je n’osais pas trop déplacer de l’air de peur de voir venir le gros « John D. » me rentrer dedans encore une fois. J’en avais bien assez de mes petites « bebites » à combattre à la tapette à mouches, sans avoir à me faire faire attaquer par un gros bourdon vert à quatre roues.

Il nous arrive à tous de se remettre en question, moi y compris, bien qu’il soit possible que cette soirée-là j’aie trop bu mais je ne m’en rappelle plus, alors je me dis que ce n’est peut-être pas arrivé, arrivé que j’aie trop bu. Dans ce moment d’introspection je me suis demandé qu’est-ce que je pouvais faire pour alléger le poids que je portais à part me rendre au gym faire des « ChestBras ».

La révélation, pourquoi donc ne pas écrire. Écrire c’est bien et ça allège beaucoup, surtout si l’on écrit avec une plume. Écrire c’est aussi crier en silence sans que le voisinage appelle la police. Écrire, ça endort le hamster qui coure sans cesse dans sa roulette mais tout ça n’est pas suffisant, c’est alors à ce moment que je me suis mis à me rappeler ma jeunesse et à quel point la connerie me faisait du bien.

Je me suis rappelé un Noël du début des années 80 où j’avais reçu du Père Noel, Monsieur Cloutier Père, un magnétocassette avec un micro,. Ohhh !!! Tasse toi mon oncle, « icitte » on fait un show de radio. Moi quand j’étais jeune il n’y avait que le hockey qui comptait : le hockey sur glace ; le hockey balle dans la rue ; le hockey balle dans la cour à Gauthier, alors on fait quoi comme show de radio ? On fait « Ici les amateurs de sports ou plutôt de hockey, bonsoir ».

Le plaisir qu’on avait moi et mon chum Jocelyn à faire ça dans le sous-sol, on se prenait au sérieux mais pas trop, on l’échappait un peu, on déconnait beaucoup.

On déconnait dans le sens de dire bien des conneries, faire les cons, et maudit que ça faisait du bien. J’ai recommencé à le faire, non faire des émissions de radio dans mon sous-sol avec mon magnétocassette, mais plutôt déconner, dire des niaiseries, en écrire et surtout, pratiquer l’autodérision.

Quand je pratique cet art car oui c’est un art d’être con, je le fais qu’en tant qu’amateur. Certains cons le pratiquent de façon professionnelle comme ceux que l’on croise parfois sur la route ; au centre commercial ; sur Facebook et même au Parlement. Moi je pratique la connerie et je le fais très bien. Ce yoga mental m’allège du poids de la vie, me permet de me mettre à OFF quelques instants et reposer mon trop plein d’intelligence car je suis hyper full intelligent, oui oui, hyper full intelligent.

Enfin, ce que je souhaite vous dire les amis (es) dans la maitrise du sérieux que je n’ai pas, c’est laissez-vous bercer quelques fois par la connerie, soyez un peu con, rien n’est plus voluptueux pour un « pas vraiment » con que d’être pris pour un con, par un autre con.

Dites-vous bien, quand on est intelligent, il est plus facile de faire l’imbécile que l’inverse alors dites oui à la connerie, ça fait moins engraisser que les chips.

Marc Cloutier

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