Oslo

Les deux nouveaux codirecteurs artistiques de Duceppe, Jean-Simon Traversy et David Laurin frappent fort pour l’ouverture de leur première saison avec la pièce Oslo de J.T. Rogers à l’affiche jusqu’au 13 septembre.

La pièce porte un texte riche lié à une problématique actuelle et est issue de la dramaturgie des Amériques, dans la pure tradition de Duceppe, mais avec un accent résolument plus moderne.  Bien que les accords d’Oslo entre Israël et la Palestine ont eu lieu il y a 25 ans, le conflit et le moyen de le résoudre sont toujours malheureusement d’actualité.

La dimension de la scène chez Duceppe fait peut-être en sorte qu’il est au début difficile d’oublier que nous sommes au théâtre, mais cette impression se dissipe au fil du déroulement et surtout en deuxième partie, où le se joue la conclusion.  Une scénographie simple, mais efficace et intelligente, des acteurs de haut niveau y contribuent également.

Oslo est une pièce dense et la quantité d’informations reçues pourrait désorienter les spectateurs moins au fait de la situation politique au Moyen-Orient.  Par contre, ce n’est pas là que ce situe le propos réel de l’auteur.  L’intérêt porte en fait sur les interactions humaines et comment s’ouvrir à l’autre, comprendre l’autre, restent les principaux moteurs de la résolution de conflits.  La narration et le texte ponctué d’humour aident aussi grandement à la compréhension globale.

Lorsque cet autre qu’on voyait comme l’architecte de toutes les horreurs vécues, cet autre que l’on ne connaissait pas, s’assoit à la même table que nous, qu’il partage le repas, qu’il boit avec nous, nous raconte sa vie, nous confie le prénom de ses enfants, cet autre devient alors humain à nos yeux.  Nous partageons la même histoire, la même souffrance.  Dans ce partage tout simple réside une solution différente, loin de la froideur des processus diplomatiques.  C’est le pari qu’ont fait ces deux diplomates norvégiens Teje Rod-Larsen et Mona Juul, un pari risqué pour leurs carrières respectives.

Jamais Israël et la Palestine n’auront été aussi près de la réconciliation, mais cet espoir de paix n’aura duré qu’un temps.  Est-ce que tout cela en aura voulu la peine se demandent Mona et Terge à la toute fin?  Oui, car ces négociations d’un autre type auront démontré que c’est l’humanité que chacun porte en soi qui pourra, espère-t-on un jour apporter cette paix tant souhaitée.

France Cantin

Oslo

Chez Duceppe jusqu’au 13 octobre 2018

Texte de J.T. Rogers

Mise en scène d’Édith Patenaude

Traduction de David Laurin

Avec Emmanuel Bilodeau, Isabelle Blais et 8 autres comédiens.

Crédit photos : Théâtre Jean-Duceppe

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